I have reposted the comment I left on Loic Le Meur's blog last night "en francais dans le texte". In a nutshell, I am volunteering that:
Loic is taking an excruciating pain to try and respond to the rant of his users and should be commended for it. It is a difficult thing for two startups to impeccably manage the communication surrounding an acquisition and the necessary consolidation of existing product offering.
that those kinds of issues happen all the time when a company acquires one of its local competitors and that the U-Blog community should work together at defining the functionality that they would like to see implemented in TypePad, and move on.
Loic and his team should be praised for the fact that SixApart chose a French team to lead the european platform, a rare enough achievement, as opposed to getting complaints that U-Blog "sold its soul" to SixApart.
Je ne souhaite pas particulièrement prolonger « l’agonie » de ces commentaires, et Didier ayant déjà fort justement réagi sur un certain nombre de points, je ne ferai que compléter son post.
En préambule, je mentionne que je ne suis pas affilié à SixApart, si ce n’est que mon (tout récent) blog utilise TypePad, et que je connais très bien Reid Hoffman, un des investisseurs et membres du conseil d’administration. De plus, même si j’ai eu le grand plaisir de rencontrer Loïc une paire de fois, je ne fais pas partie de son fan club et n’ai pas pour propos de prendre sa défense (il n’a de toute façon pas besoin de moi).
Pour compléter l’introduction, je précise que je suis un français vivant dans la Silicon Valley, et j’ai eu la chance de participer au développement d’une startup française, rachetée par un groupe anglais, et d’avoir été pendant 4 ans le Partner US de son unité de capital risque.
J’ai lu avec intérêt les trackbacks et les commentaires de ce post, et souhaite faire, sans agresser ni donner de leçon à qui que ce soit, quelques remarques :
On reproche à Loïc d’avoir fait, ou de faire, des fautes de communication quant à l’annonce du rachat de SixApart et à l’avenir de la plateforme U-Blog. Il faut savoir qu’un rachat d’entreprise est par définition très complexe, que lorsque que l’acheteur est américain, c’est pire et que lorsque ledit acheteur annonce en même temps une acquisition, un nouveau CEO et une re-organisation, c’est un sacré problème que de coordonner toutes ces annonces, à la presse, aux utilisateurs, et à l’industrie en général. Quand ces différentes entités sont des « jeunes pousses » avec peu de ressources, la difficulté de la tâche est encore aggravée, le département « relations publiques » n’existant pas.
SixApart a subi le même type de tempête lors de son «changement de licence», qui est un doux euphémisme pour passer d’une initiative bénévole supportée par des donations à une entreprise commerciale. Et de la même façon que Loïc se « prend le choux » à répondre aux commentaires des U-Bloggers, les fondateurs ont passe un temps fou à répondre à la ire souvent exagérée de certains de leurs utilisateurs. Dans les deux cas, je n’aurais pas trouvé déplacé que la communication, à partir d'un certain moment, se résume à une FAQ (Frequently Asked Questions), expliquant les tenants et aboutissants des changements, et enrichie au fur et à mesure.
SixApart, et donc ublog.com, ont besoin d’établir des bases de croissance solides si l’entreprise veut avoir une chance de réaliser son potentiel : devenir un leader sur le marché du « social media ». Cela implique d’établir une ligne de produits attrayante, répondant aux besoins du marché de façon globale, et justifiant par la qualité du service un certain niveau de prix. Comme l’ont déjà mentionné un certain nombre de commentaires, cela n’est pas compatible avec la préservation de la plateforme U-Blog à long terme. La meilleure solution, déjà mentionnée par Loïc, est d’intégrer dans TypePad les quelques fonctionnalités critiques d’U-Blog, et de « passer à autre chose ».
Il a de plus été courant que les applications ou plateformes Internet, évoluant au cours du temps et de leur maturation changent leurs modalités d’utilisation, et leur prix. Cela a parfois un effet de repoussoir sur les premiers utilisateurs, qui se sentent dans certains cas « trahis », mais ces changements sont inéluctables car l’entreprise a besoin de prospérer autrement que grâce à l’argent de ses investisseurs (règle de base bafouée lors de la bulle Internet, avec les conséquences que l’on sait).
Nous les français adorons les longs débats, et la joute verbale, souvent au détriment de l’action. Le concept « de la tempête dans un verre d’eau » est un trait de notre culture que j’ai vu s’exercer maintes et maintes fois, et qui nous est souvent reproché dans les affaires. Je pense que le présent phénomène en est un exemple, qui est de fait tourné en dérision par les commentateurs du post en anglais de Stéphanie.
Je suis surpris, voire même déconfit, de voir que beaucoup semblent reprocher a Loïc et son équipe d’avoir « vendu leur âme » a SixApart. J’aurais trouvé plus approprié de les féliciter d’avoir su gagner la confiance des fondateurs de SixApart, et de se voire confier la responsabilité de la plateforme européenne. C’est tellement rare de voire une équipe de « Frenchies » dans ce genre de situation que ça vaut la peine d’être noté! Les capitaux risqueurs américains ont pour une grande majorité une mauvaise image de la France en tant que quartier général européen pour leurs startups, et préfèreront quasi systématiquement le Royaume-Uni (Angleterre et Irlande en tête).
Juste pour être complet sur l’affirmation précédente, la liste de maux reprochés aux français sont, pêle-mêle: la loi sur les 35h fait que la productivité est moindre qu’ailleurs, une implantation en France est extrêmement coûteuse à cause des charges sociales, il est impossible de licencier qui que ce soit à cause de la loi du travail et des syndicats, les grèves tournantes dans les transports et autres administrations paralysent le pays plusieurs fois par an,… et les Français râlent tout le temps, et refusent de parler anglais.
Vous pouvez sourire, hausser les épaules, ou réfuter tout ou partie des ces clichés (qui sont peut-être à nuancer, mais pas tant que ça ?), mais c’est comme ça que la France est perçue dans la Silicon Valley. Donc quand je dis que c’est un exploit pour l’équipe de Loïc d’avoir été choisi par SixApart, vous avez une mesure du handicap qu’ils ont eu à gérer.
Enfin, j’ai lu dans certains posts qu’on semblait reprocher à Loïc le fait qu’il avait amassé beaucoup d’argent pendant la bulle Internet, et qu’après ses entreprises n’avaient pas aussi bien marché. Et alors ? Il me semble que ce qu’il a gagné, il ne l’a volé à personne, et que si il s’est planté sur d’autres dossiers, il en a sûrement tiré des leçons profitables. Essayons d’avoir la même ouverture d’esprit que les américains sur le sujet.
My 2 cents, comme on dit ici.
Bien à vous,
J.
bonjour jeff
wow, content de voir que je ne suis pas tout seul dans ce bas monde ;-) j'adhère complètement à tes remarques et je ne peux que confirmer encore une fois ton input au sujet de la perception des français à l'étranger ... malheureusement.
cheers, didier
Posted by: didier | July 26, 2004 at 02:17 PM
Salut Didier,
Je pense leur faire justice en disant que mon post se fait echo de la pensee de pas mal de francais vivant dans la Valley.
Cela dit, j'espere que les choses vont continuer d'evoluer dans le bon sens, et que nous pourrons celebrer plus souvent des reussites de startups francaises.
A bientot,
J.
Posted by: Jeff Clavier | July 27, 2004 at 03:18 PM
Thanks for your post again and was good to have dinner with you this time in Paris. See you in SF next !
Posted by: Loic | August 20, 2004 at 12:46 PM